Roberto Polo Gallery

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Communiqué de presse | Werner Mannaers | The Scent of Mimosa | 20.11.2014 – 01.02.2015


Communiqué de presse | Werner Mannaers | The Scent of Mimosa
20.11.14 -1.02.2015

Roberto Polo Gallery a plaisir de présenter une série de peintures récentes de l’artiste belge Werner Mannaers, né en 1954 à Schoten, qui vit et travaille à Anvers. Ses peintures sont réalisées à partir d’huile, d’acrylique et de techniques mixtes. Mannaers s’est imposé, en l’espace de trente ans, comme une figure incontournable dans le paysage de la peinture contemporaine, influençant nombre d’artistes importants. Ses œuvres font partie de collections privées et institutionnelles prestigieuses, telles que celles du Musée municipal pour l’Art contemporain à Gand (S.M.A.K.), où il  lui a été consacré une exposition majeure en solo en 2008.

Si, d’emblée, la peinture de Werner Mannaers interpelle, suscite la curiosité jusqu’à créer le trouble, c’est qu’elle révèle une profonde intimité. Depuis le début de carrière, et à contre courant de la tendance de dépersonnalisation de l’art, il revendique le lien puissant entre peinture et for intérieur. Pourtant les messages à la fois foncièrement personnels et indubitablement universels, que les toiles délivrent sans transition, ne sont pas immédiatement évidents. L’artiste déjoue les pièges de la peinture « facile », il provoque le regard, bouscule les codes préétablis de la peinture pour nous inciter à regarder longuement ses toiles. Sa peinture déroute en réconciliant des éléments picturaux complexes, opposés et a priori incompatibles. Elle réunit la figuration et la non-figuration, la narration et le formalisme, l’abstraction géométrique et l’expressionisme abstrait. Des forces antagonistes s’associent subtilement se mettant au service de la rencontre improbable de d’émotion et du concept. La géométrie, fondamentalement froide, est omniprésente dans la peinture de Mannaers : mais, ici, tout en s’opposant au désordre, elle s’adoucit grâce à la gestuelle des touches énergiques. Coulées, collages et couleurs vives, lourdes et crues, se conjuguent avec les formes asymétriques et les lignes à la dérive, donnant naissance à un équilibre dans l’inconstance.

Les titres ne sont pas accessoires mais font partie intégrante de l’œuvre : chargés d’esprit, ils conditionnent le spectateur à saisir la toile dans son ensemble. Mannaers crée une dynamique continue entre le titre et l’espace de la peinture, sans jamais en dévoiler la substance. Il donne ainsi naissance à un mouvement ouvert, créant de multiples possibilités de lecture. Le titre même de l’exposition, The Scent of Mimosa, est équivoque : il peut être interprété comme une référence à la saison du mimosa (qui fleurit de novembre à février, tout comme la période de l’exposition) et, a fortiori, comme un clin d’œil à l’amour de Mannaers pour les peintres Bonnard, Cézanne et Picasso.

Il ne se passe pas un jour sans que Werner Mannaers ne prenne son pinceau. Véritable journal intime en peinture, l’œuvre de Mannaers est étroitement liée à son expérience de vie personnelle. Les toiles sont autant d’énigmes rapportées à son monde intime, toujours exprimées avec une authenticité et une subtile dérision : tantôt rébus, dans la tradition picturale flamande, tantôt billet d’humeur, chacune d’entre elle incarne à la fois une émotion et une idée singulières, qui exige un effort du regard. En effet, Mannaers donne des indices sans jamais imposer un chemin évident. Il contourne, trompe, brouille les pistes, toujours avec ruse et humour. L’artiste se livre à une manipulation bienveillante pour nous mener à une vérité, la sienne. Au delà de l’artifice de la structure, mise en exergue, c’est l’honnêteté de son journal qui prime. Werner Mannaers se met picturalement à nu par des voies contrariées, encourageant un voyeurisme qu’il soumet à sa propre critique.