Roberto Polo Gallery

The Gallery will close for Easter on Sunday, April 16th, 2017;

COMMUNIQUÉ DE PRESSE I XAVIER NOIRET - THOMÉ & TOMEK PARTYKA


 

Xavier Noiret-Thomé I Ghosts


Tomek Partyka I X Times X



Roberto Polo a le plaisir de présenter simultanément et pour la première fois, deux expositions solo dans la galerie récemment agrandie : Xavier Noiret-Thomé | Ghosts, vingt cinq peintures inédites à l’acrylique et techniques mixtes sur toile, et Tomek Partyka | X Times X, une vingtaine de nouvelles huiles sur toile aux techniques mixtes.


Xavier Noiret-Thomé, formé à l’École Régionale des Beaux-Arts de Rennes puis à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam est né en 1971 à Charleville-Mézières, France. Depuis 2000, il réside et travaille à Bruxelles. En 2001, on lui décerne le prix Levis de la Jeune Peinture Belge. En 2005, lauréat de l’Académie de France à Rome, il obtient une résidence à la Villa Médicis. Depuis le début de sa carrière, Noiret-Thomé a exposé à de nombreuses reprises à travers l’Europe, dans le cadre d’expositions personnelles et collectives.


Artiste érudit, tout aussi passionné par les arts plastiques que par l’Histoire, la littérature ou le cinéma, Noiret-Thomé se nourrit de multiples références tout en affirmant un style personnel, animé par une liberté gestuelle et intellectuelle. Cette oeuvre, influencée par la “low culture” (graffiti, bande-dessinée), fût aussi marquée dès son origine par l’audace de Picabia. Il se plait à bousculer la peinture conventionnelle, en multipliant et en mélangeant les techniques de ce médium (acrylique, bombe, encre, collage, vernis industriel…). Des Monochrome-Chrome, aux collages d’objets en passant par les séries “all-over”, Noiret-Thomé, rétif à toute forme de tradition, ne cesse de soumettre sa peinture aux expérimentations les plus singulières. Car l’artiste est convaincu de l’impérieuse nécessité de libérer la peinture des contraintes, des codes et des carcans établis. Sans dissimuler son admiration pour des artistes aussi divers que Guston, Picasso, Basquiat, Polke, Malevitch, Pollock ou Manzoni, Noiret-Thomé recherche par des gestes iconoclastes à déplacer l’influence de ses maîtres créant ainsi sa propre identité picturale. Artiste insoumis à la norme, tout autant séduit par la figuration que par l’abstraction, Noiret-Thomé cherche sans relâche à se réinventer, dans une boulimie de savoir et à l’affût permanent de nouvelles sources d’inspiration. Cette œuvre protéiforme, tout en assumant son héritage, jette, avec une subtilité facétieuse, un regard irrévérencieux sur une conception trop puriste et académique de la peinture. C’est une peinture qui nous place dans un univers d’espaces instables, qui s’ouvrent et se ferment, mettant en lumière des liens entre des éléments disparates et une intelligence visuelle aiguë.


 


Tomek Partyka, diplômé de l’Académie des Arts de Poznań, est né en 1978 à Graudenz, en Pologne. Il vit et travaille à Varsovie. Partyka a exposé plusieurs fois en solo et dans le cadre d’expositions collectives dans des villes européennes importantes ainsi qu’aux Etats-Unis.

 

Au premier abord, la peinture de Partyka nous plonge, sans transition, dans un univers brut, traversé de forces impétueuses et antagonistes. Ses œuvres apparaissent comme autant de palimpsestes volontairement endommagés. Les surfaces sont malmenées, raturées, accidentées d’éraflures ou de collages. Parmi les mots griffés qui résonnent comme des paroles incantatoires, apparaissent ça et là des fragments d’œuvres de maîtres où sont invoqués des grands noms de la peinture. Le Caravage, Courbet, Matejko, Rembrandt, Rothko, Vélasquez et Vermeer se côtoient dans cette réécriture personnelle et anarchique de l’histoire de l’art. Partyka vandalise allégrement sa toile, piétinant les conventions et les chemins détournés. “Plus je la détruit, meilleure elle devient” révèle-t-il non sans provocation à propos de sa peinture. Il ne s’agit pas d’y voir une négation pure, encouragée par la palette de couleurs sombres, mais bien d’un anticonformisme dissident à l’égard de la peinture bien-pensante, un “NON” frondeur, tout puissant et fièrement revendiqué.  Ce procédé de destruction méthodique s’inscrit aussi bien dans la technique du ‘décollage’ utilisée par Wolf Vostell, protagoniste du mouvement Fluxus, que dans la tradition de la culture Punk archétype de toutes les transgressions. A travers ce nihilisme assumé, symbolisé par un ‘X’ de dénégation, Partyka affirme une peinture quasi primitive, aux touches épaisses et indisciplinées, qui mélange plumes, os animal et cheveux humains. Il y a certes de l’irrévérence et une pointe d’ironie à réaliser un portrait chevelu de l’illustre Jan Matejko, mais c’est avant tout un regard curieux et investi sur le passé, un désir pour un artiste contemporain de se réapproprier un héritage artistique qui court d’est en ouest.

 

Partyka implique littéralement sa personne dans sa toile, physiquement et métaphysiquement. Son œuvre, dans son intégralité, peut s’envisager comme une forme d’autoportrait. En effet, c’est une vraie quête identitaire, motivée par une réflexion sur l’existence, qui se dessine au fil des toiles. Ce qui semble apparaître comme des bricolages contestataires, sont en fait des compositions sophistiquées et pleine d’esprit. Elles résonnent comme autant d’énigmes philosophiques. Au même titre que la génération d’artistes du Nouveau Réalisme, ébranlée par les dégâts de la seconde guerre mondiale, le procédé d’endommagement de la toile représente simplement, pour Tomek Partyka, le moyen le plus direct pour s’approprier la dimension pulsionnelle de la création, qui fait partie intégrante de la vie et de la mort. Au premier regard cette peinture pourrait apparaitre comme impulsive et bestiale, cela entretenu par le fétichisme prégnant qui se dégage de ses œuvres. Il n’en est rien car l’artiste œuvre avec beaucoup de mesure et de réflexion lors de ses séances de travail à l’atelier. Chaque toile exige un travail préparatoire méticuleux : ainsi tous les accidents – explosions, coulures, gribouillage, souillures – sont habilement maîtrisés et sous contrôle, donnant naissance à une peinture charnelle et profondément puissante. A la manière d’un chaman, Tomek Partyka interroge et réconcilie les forces de la nature et l’énergie spirituelle de l’humain.